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Voici un aperçu de l’histoire des ocres de Mormoiron (près de Carpentras) — géologie, exploitation, usage, et héritage.


🌍 Origine géologique

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  • Le sous‑sol de Mormoiron est constitué de grès et sables ocreux — vestiges d’anciens dépôts marins du Crétacé. (mormoiron.fr)

  • Au cours du Crétacé (Albo‑Cénomanien), ces sables marins glauconieux, riches en fer, ont subi altération dans un climat tropical ancien. Résultat : des sables et grès colorés en ocre (oxydes de fer) ainsi que des sables blancs siliceux. (mormoiron.fr)

  • Ces couches géologiques, recouvertes ultérieurement par d’autres dépôts, attestent d’un passé géologique très ancien, mêlant mer, altération, puis retrait marin. (mormoiron.fr)


🏭 Exploitation industrielle de l’ocre à Mormoiron

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  • L’exploitation des sables ocreux à Mormoiron date de la fin du XIXᵉ siècle : dès 1885, des carrières à ciel ouvert et des galeries sont exploitées. (mormoiron.fr)

  • Un site important est celui dit « du Sablon », exploité d’abord par la société Malavard (entre 1887 et 1928), puis par la Société des Ocres de France, jusqu’en 1967. (abbaye-saint-hilaire-vaucluse.com)

  • À Mormoiron, l’ocre représentait environ 10 % du matériau brut sur ce gisement — ce qui le rendait moins riche que certains autres sites du Vaucluse (comme ceux de Roussillon ou Gargas). (abbaye-saint-hilaire-vaucluse.com)

  • Le processus d’exploitation incluait l’extraction, le broyage, le lavage (« l’élimination du sable »), la décantation (dans des bassins), puis le séchage et le conditionnement de l’ocre sous forme de briquettes. (abbaye-saint-hilaire-vaucluse.com)

  • Après broyage, l’ocre était livrée à des usines (par exemple l’usine de Canadel à Villes‑sur‑Auzon, ou moulin de Sainte‑Croix). Depuis ces sites, elle était exportée, tamisée et parfois cuite pour obtenir différentes nuances — jaune, orangé, rouge, brun, etc. (abbaye-saint-hilaire-vaucluse.com)


🏡 Usage et importance culturelle / économique

  • L’ocre extraite servait à de nombreux usages : pigment pour peintures, enduits, crépis de façades, décoration intérieure, etc. (mormoiron.fr)

  • Mais l’exploitation minière ne se limitait pas à l’ocre — le sous-sol de Mormoiron contenait également des argiles, des sables siliceux, et du gypse. L’argile servait à la poterie, aux briques, tuiles, céramiques. Le gypse, exploité jusqu’aux années 1960, servait pour la fabrication du plâtre. (mormoiron.fr)

  • Ce mélange géologique (ocre, argile, gypse, sable) fait de Mormoiron un territoire riche minéralement — ce qui a façonné son paysage, ses usages traditionnels, et son développement industriel local. (Horizon Provence)


🕰 Déclin de l’exploitation & évolution du site

  • L’exploitation ocrière a progressivement pris fin : le gisement du Sablon a cessé d’être exploité en 1967. (abbaye-saint-hilaire-vaucluse.com)

  • Avec l’abandon des carrières, la nature a progressivement repris ses droits : les pins maritimes ont recolonisé le terrain, puis — lentement — la forêt originelle de chênes. (Mes Balades en France)

  • Certaines portions du site — fronts de taille, falaises ocreuses, anciennes galeries ou carrières — sont encore visibles aujourd’hui. Elles offrent un paysage unique : falaises et sables colorés, souvent nichés au milieu de bois, contrastant avec la végétation. (Mes Balades en France)


📍 Héritage, protection & tourisme

  • Le patrimoine géologique, minier et paléontologique de Mormoiron est valorisé par un musée local (mormoiron.fr) — il retrace l’histoire du sous-sol, l’exploitation de l’ocre, du gypse, des argiles, et les usages anciens. (mormoiron.fr)

  • Jusqu’à récemment, on pouvait emprunter des sentiers de découverte des ocres (ex. « Les ocres de Mormoiron ») — randonnée facile, mélange de pins, falaises ocre, collines, avec vues sur le Mont‑Ventoux. (Eskapad.info)

  • Le site abrite aujourd’hui une biodiversité intéressante, avec zones humides, amphibiens, flore adaptée aux milieux ocreux — ce qui en fait un lieu apprécié pour les sorties nature. (J’agis pour la nature)

  • Toutefois, certaines zones ne sont plus accessibles au public depuis 2013, notamment autour du captage d’eau potable des Sablons — ce qui limite l’accès aux anciens sites d’exploitation. (abbaye-saint-hilaire-vaucluse.com)

Voici quelques photos prises lors d'une promenade dans les Ocres de Mormoiron

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